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Freud et sa défense de la psychanalyse laïque/profane (1)
samedi 6 mars 2010, par
Lettre de Freud à Paul Federn sur la psychanalyse laïque (1926)

« Vienne, Berggasse 19 27.III.1926 Prof. Dr. Freud
Cher Docteur, Merci de votre compte rendu circonstancié du débat sur la question de la Laienanalyse au sein de la Société Psychanalytique. Cela n’altère en rien ma position à cet égard. Je n’exige pas des membres qu’ils se rallient à mon point de vue, mais que ce soit à titre privé, en public, et s’il le faut jusque devant un tribunal, je le défendrai sans y apporter la moindre modification, dussé-je devoir rester seul à le faire. Certes, pour l’instant, quelques uns d’entre vous sont encore à mes côtés. Pour la divergence de position avec les autres, je n’ai pas l’intention de faire tout une histoire, aussi longtemps que je pourrai l’éviter. Que cette affaire gagne en ampleur, alors à coup sûr, je saisirai cette opportunité pour renoncer à mon actuelle présidence nominale de la Société, sans pour autant que cela affecte autrement nos relations. Le combat en faveur de la Laienanalyse doit, d’une façon ou d’une autre, être complètement apuré [littér. "vidangé”, n.d.t.]. Le mieux est de le faire sans attendre. Aussi longtemps que je vivrai, je me refuserai à ce que la yA soit absorbée par la médecine. Il n’y a naturellement aucune raison valable pour que ce que je dis soit tenu au secret devant les membres de la Société.
Bien cordialement,
Votre Freud »
Federn (E.) (Ernst [1914-2007], fils de Paul, lui-même psychanalyste laïque), témoin de la psychanalyse, coll. Histoire de la psychanalyse, Paris, PUF, 1994.
